Le Costa Rica, un modèle pour l’écotourisme ?

Une expérience volcanique

 Il est 08H00 du matin lorsque notre groupe de 25 personnes invitées par une start-up française, se lance à l’ascension du volcan IRAZU perché à 3432 mètres d’altitude à 30km à l’ouest de Cartago, dans la Vallée Centrale. L’Irazu est le volcan actif le plus haut et le plus vaste du Costa Rica avec une hauteur de 3432 mètres. Attention, une petite laine s’impose car les températures oscillent en moyenne entre 7 et 10 °C !

C’est en direction du Parc National de Braulio Carillo que notre guide Raùl Perez Mendoza, aborde le sujet de la protection de la flore de son son beau pays. C’est en 1995 que le Costa Rica œuvra en faveur de la création de parcs nationaux, liant organiquement conservation de la nature et fréquentation touristique.

Conservation, actions !

Aujourd’hui, avec 22,74% de son territoire terrestre et maritime protégé (20 parcs naturels, 8 réserves biologiques et une série de zones préservées), le Costa Rica peut se targuer d’une politique exemplaire en faveur de la conservation de la nature. Mais il n’en fût pas toujours ainsi. Le pays est passé de 53% en 1950 à 18,9% de surface boisée ! L’alerte a donc été lancée par les instances gouvernementales afin de limiter la déforestation qui en 1984, atteignait 100 000 ha par an entre 1985 et 1988, taux le plus élevé d’Amérique Centrale et comparable à celui de l’Amazonie) sous la pression démographique et d’une agriculture tournée vers l’exportation.

Le Parc National de Braulio Carrillo constitue un des moments forts de ce voyage où la faune et la flore invitent à regarder, observer et découvrir un monde originel préservé des saillis humaines de  l’exploitation industrielle.

Situé au nord de la Vallée Centrale, sur la Cordillère Volcanique Centrale, entre les massifs des volcans Poás et Irazú, ce merveilleux trésor naturel comprend les volcans Barva et Cacho Negro, s’étendant depuis Alto de la Palma au nord dans le canton de Moravia, jusqu’à la Zone Protectrice La Selva à Puerto Viejo de Sarapiquí.

Fort de 480 km2, de cinq biotopes forestiers différents, d’une avifaune exceptionnelle et de son terrain accidenté (2 906 m au sommet du volcan Barva), le Parque Nacional Braulio Carrillo est l’un des parcs les plus vastes, les plus variés et les plus fascinants du Costa Rica.

Le Costa Rica, en dépit de son exiguïté, bénéficie d’une exceptionnelle biodiversité faunistique et floristique grâce à son appartenance à cet isthme centraméricain. Selon le rapport GEO (MINAE, 2003) : « le Costa Rica est un des 20 pays du monde qui comptent une très grande diversité d’espèces exprimée en numéro total d’espèces par unité de ligne. En conséquence, il pourrait être le pays qui a la plus grande diversité d’espèces au monde, essentiellement grâce à sa position géographique entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. » Le Costa Rica abrite une avifaune exceptionnelle : plus de 2OO espèces d’oiseaux migrateurs venus d’Alaska ou d’Australie y hivernent et près de 850 espèces ont été recensées sur sol. On dénombre environ 237 espèces de mammifères et 361 espèces de reptiles et d’amphibiens. La biodiversité végétale est, elle aussi, très grande puisque plus de 10 000 espèces de plantes vasculaires (plantes vertes à tissus conducteurs) ont été inventoriées, et, chaque année, de nouvelles sont découvertes. À elles seules, les orchidées comptent quelque 1300 espèces.

Une agriculture respectueuse

Au Costa Rica, l’agriculture primaire est bien diversifiée : le café, les bananes, les cultures à cycle court, l’élevage d’embouche et de laiterie, et les plantations de forêts représentent l’essentiel de l’utilisation des terres. Toutefois, pour ce qui est de la valeur de la production par hectare, d’autres cultures sont plus importantes, notamment les fruits et légumes, les fleurs et les plantes ornementales (un énorme business). Le café principalement cultivé dans le centre du pays sur le plateau central occupe encore la plus grande superficie cultivée (109 000 ha) et la valeur de la production, arrive en tête, avec un grand nombre de petits producteurs qui en dépendent.

Depuis 1940, la famille Vargas se consacre à la culture du café au Costa Rica avec aujourd’hui la force de 50 ans d’une expérience cumulée et transmise depuis 3 générations.

L’accueil de cette famille aux sourires généreux rend les arômes encore plus ronds ou corsés d’un café produit sans pesticides ! Pédagogie, explications simples sur la culture du café ne manquent pas de séduire les participants qui se prêtent volontiers à une dégustation de café après une visite de l’exploitation.

Autre temps forts et point final de notre voyage tourné vers la Nature, la Playa Tambor et le golfe de Nicoya. La plus grande péninsule du pays s’enroule en forme de pince de crabe sur le golfe de Nicoya entouré de montagnes où nos convives iront se prélasser sur une plage propre et aux eaux limpides.

Comment le Costa Rica va-t-il poursuivre sa politique de protection de son environnement face au tourisme?

Selon l’Institut costaricain du Tourisme, les arrivées de touristes sont passées de 262 000 en 1985 à 792 000 en 1995, soit une augmentation de plus de 300 % du nombre de visiteurs en une décennie. En 2001, ce sont près de 1 320 000 de touristes qui se rendaient au Costa Rica. En outre, les recettes du tourisme sont passées de 117 millions de dollars en 1984 à 884 en 1998. Le Costa Rica doit donc gérer son succès, c’est-à-dire une fréquentation souvent massive, liée notamment à l’arrivée de navires de croisières, sur quelques portions de littoraux en voie de transformation par l’économie touristique, dans une nature protégée.   Mais le Plan national de Développement touristique 2002-2012 est un exemple de réalisme appliqué au “tourisme durable” : En 2006, 54% des touristes internationaux ont visité des parcs nationaux ou des aires protégées.

Une Juge vert pour contrôler l’expansion urbaine !

Le  Costa Rica s’est récemment doté d’un “Tribunal de l’environnement”, présidé par celui qu’on appelle désormais “le juge vert” et qui, fait assez exceptionnel dans le Monde, a la possibilité d’arrêter sans délai des projets suspectés de porter atteinte à l’environnement, en attendant de statuer sur le fond et de permettre à toutes les parties d’exposer leur point de vue.

Le Costa Rica serait-il parvenu à demeurer une référence en écotourisme s’il n’avait pas été de longue date vanté pour sa tranquillité politique, pour ses choix en faveur de l’éducation, pour son système démocratique, en contraste avec ses voisins immédiats en situation de conflits internes, ce qui limite sans doute les possibilités de transpositions, à travers le monde, de ce “modèle” de l’écotourisme constaricien ?

Par ailleurs, c’est par une habile promotion de son “image” que les succès ont été engrangés. Le Costa Rica illustre donc l’importance que peuvent avoir les facteurs politiques dans la mise en tourisme d’un lieu et illustre en outre le rôle majeur des images dans tout développement touristique (Raymond, 2007).

Le modèle du tourisme international au Costa Rica a ses fragilités : sensibilité à la conjoncture économique dans les pays d’origine des visiteurs, forte dépendance à l’égard de la clientèle nord-américaine, par exemple, illustrées par le retrait sensible de la fréquentation touristique lors de la récente récession de 2008 – 2009.

Au demeurant, à l’heure actuelle, sur le plan de l’écotourisme et plus largement du “développement durable”, la stratégie costaricaine semble avoir été largement payante et cette destination demeure la référence internationale incontournable en matière d’écotourisme et de développement touristique jusqu’à présent.

Fort de son image politique stable, de la présence grandissante de citoyens nord-américains et de l’existence de vastes zones naturelles protégées, le Costa Rica possède tous les atouts pour se positionner sur le marché écotouristique. Le Costa Rica se convertit sans peine au tourisme, profitant de l’engouement croissant au niveau mondial pour le tourisme durable.

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